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Activités en Centrafrique

Le premier voyage, début juillet 2022 nous a permis d’être présents à la fin de l’année scolaire à M’baiki (sud-ouest du pays à 130 kms de Bangui), de voir les enfants et de rencontrer Sœur Marie Thérèse la directrice de l’école de Bombolet et de son annexe destinée aux enfants pygmées, Zoméa.

La saison des pluies bat son plein dans cette zone humide en bordure de forêt, nous en profitons pour voir les comptes en détail : sans l’aide des Rameaux Verts, le budget serait très déficitaire, malgré les petits frais de scolarité réglés par les parents.
Nous avions participé de 2016 à 2019 à l’agrandissement de cette petite école des faubourgs de la ville en finançant la construction de trois classes, puis la bibliothèque, les sanitaires, et nous y avions réglé les problèmes d’écoulement des eaux.
Année après année, les classes se sont progressivement ouvertes. Le nombre des élèves est passé de 110 à 510 élèves sans compter la centaine d’enfants pygmées : 7 salles de classes pour 9 niveaux. C’est un succès, mais il va falloir penser à loger tous ces enfants dont le nombre augmente inexorablement. Tout le monde sur place réfléchit déjà à un projet de construction d’école maternelle …

Aujourd’hui la sœur, jointe au téléphone, explique n’avoir pas pu répondre aux demandes d’inscription de tous les parents : certaines classes comptent presque 100 élèves. Elle raconte comment elle vient de louer deux maisons locales, peu adaptées, pour y dédoubler deux classes et qu’elle doit embaucher deux nouveaux maîtres. Elle réussit à proposer une bouillie à tous les enfants plusieurs jours par semaine : des bébés malnutris des environs apparaissent alors comme par enchantement … Le voyage se termine par deux jours à Bangui, à PK15, où la construction de l’école avance malgré une interruption due à des problèmes de manque de matériaux. Le forage qui donnera l’eau aux enfants, et financé par une fondation amie va bientôt être creusé…

Second voyage : Aéroport de Bangui, 5 octobre 2022 : imaginez un petit bâtiment comme il n’en existe plus, la descente sur la piste, la chaleur moite, la vérification des visas, de la vaccination contre la fièvre jaune, nous voilà en Centrafrique pour une dizaine de jours, tout heureux de retrouver Sœur Monique et Sœur Anastasia qui ont passé les barrages de police pour nous accueillir plus vite. La ville nous paraît plus animée, le calme est revenu. Nous nous sentons chez nous, les sœurs nous connaissent depuis 20 ans pour certaines.

A PK15, l’école accueille maintenant 650 enfants, de la Maternelle au CM1.
Il manque encore une classe de CM2 pour que le cycle d’études soit complet, le projet avance.

Les sœurs sont infatigables, et nous aussi : nous montons des vélos indiens donnés par L’UNICEF, réparons un groupe électrogène, nettoyons de fond en comble le garage, admirons le travail des enfants qui nous paraissent bien assidus et analysons les comptes. Une belle communauté, dynamique au possible, bien consciente de l’aide des Rameaux Verts. Elles nous diront plusieurs fois que notre simple présence est un cadeau.

Et nous voilà partis pour Dékoa, la piste est en mauvais état, saison des pluies oblige. Le voyage est une aventure : quand on s’embourbe près d’un village, de nuit, aussitôt une dizaine de personnes viennent aider à pousser avec des rires et des cris. Les Sœurs de Dékoa ont relancé le centre d’accueil pour personnes handicapées, qui nous paraît en pleine activité. Nous arrivons avec quelques tricycles qui sont accueillis avec des cris de joie. Il y a beaucoup à faire ici : le matériel reste rudimentaire, il faudrait des attelles, de l’outillage de motricité pour les kinés, mais aussi une classe pour une maternelle, de quoi nourrir plus de bébés orphelins, de quoi faire des tournées en brousse pour soigner des enfants handicapés dans les villages plus lointains.

Ce qui nous a le plus marqué, dans les deux écoles, et c’est la même chose à Bombolet, c’est l’assiduité au travail des enfants, l’envie d’apprendre, le silence, alors qu’ils sont souvent 80 ou 100 par classe. Chaque sourire est la preuve que nos investissements sont bien rentabilisés.

Et puis nous aurons aussi été impressionnés par l’énergie des communautés rencontrées, la volonté d’avancer, de faire aboutir les projets. Un beau témoignage de travail quotidien, toujours recommencé, avec des résultats. Ces enfants ont sans aucun doute un avenir plus clair, surtout les filles, leur scolarisation peut leur éviter un mariage à 13 ans, une vie sans projet. Leurs sourires, leur confiance est le premier gage pour l’avenir.

L’équipe opérationnelle de Centrafrique : les deux Isabelle, Patrice, Thierry